Panne radio, détresse et urgence
Le code 7600, le code 7700, MAYDAY et PAN PAN.
Ce dernier module de la matière Communications traite de deux situations bien distinctes : la perte du moyen de communication lui-même — la panne radio — et les situations où c'est la sécurité du vol qui est en jeu, et que la radio doit précisément servir à signaler. Peu fréquentes, ces situations laissent peu de temps à la réflexion : la phraséologie qui leur est associée doit donc être connue par cœur.
Panne radio : les vérifications initiales
Une panne de communication résulte rarement d'une panne complète de l'équipement ; l'erreur humaine — mauvaise fréquence sélectionnée, volume trop bas — en est une cause fréquente. Avant de conclure à une panne réelle, quelques vérifications s'imposent : la fréquence correcte est-elle affichée, le volume est-il suffisant, le squelch n'est-il pas réglé trop haut, le casque et le micro sont-ils bien connectés, la station au sol est-elle ouverte, et l'aéronef se trouve-t-il à portée radio ?
L'application NOTAM d'Aether Digital permet de vérifier à l'avance les horaires d'ouverture et les fréquences publiées de chaque aérodrome — de quoi éliminer d'emblée deux des causes les plus fréquentes de panne radio apparente.
La procédure de panne radio
Si les vérifications ne résolvent rien, la procédure générale consiste à tenter le contact sur une autre fréquence publiée pour le même organisme, puis avec un autre organisme le long de la route, puis avec un autre aéronef. Si aucun contact ne peut être établi, le message est transmis en aveugle, deux fois, précédé des mots TRANSMITTING BLIND, en précisant le destinataire — utile si seul le récepteur est en panne. Si le pilote sait que c'est son récepteur qui est en cause, il transmet ses comptes rendus aux heures prévues, précédés de TRANSMITTING BLIND DUE TO RECEIVER FAILURE, en précisant l'heure de sa prochaine transmission.
Selon les règles de l'air, un pilote VFR en panne radio doit : continuer à voler en VMC ; s'il est équipé d'un transpondeur, squawker 7600 en Mode Charlie ; se poser sur l'aérodrome adéquat le plus proche ; et rendre compte de son arrivée à l'organisme de la circulation aérienne le plus tôt possible.
Rejoindre le circuit sans radio
À l'arrivée, en l'absence d'indication contraire, le pilote effectue une intégration classique en tour de piste vent-arrière — la plus sûre si elle est autorisée, puisqu'elle permet d'observer d'en haut le circuit, le sens de circulation et la manche à air avant de descendre du côté mort. Une fois intégré, chaque compte rendu de position doit être transmis deux fois, précédé de TRANSMITTING BLIND DUE TO RECEIVER FAILURE.
Après l'atterrissage, le pilote doit se présenter à la tour pour rendre compte de l'incident — ce qui satisfait les deux dernières règles de l'air concernant la panne radio : atterrir sur l'aérodrome adéquat le plus proche, et en rendre compte par le moyen le plus rapide.
Détresse et urgence : deux états bien distincts
Une situation d'urgence en vol se classe en deux catégories, chacune associée à un préfixe radio dédié qui ne doit jamais être utilisé en dehors de son contexte.
Un message de détresse ou d'urgence doit être transmis lentement, clairement, sans répétition inutile, sur la fréquence déjà en contact au moment où survient la situation — sauf si une assistance plus efficace peut être obtenue ailleurs. Le 121.5 MHz est la fréquence aéronautique internationale d'urgence, à utiliser si aucune assistance efficace n'est offerte par le contrôleur en contact.
Un pilote qui capte un message de détresse resté sans accusé de réception doit lui-même accuser réception, puis le retransmettre à la station au sol destinataire. Tout autre trafic entendant un message de détresse ou d'urgence doit cesser d'émettre sur la fréquence, sauf pour porter assistance.
Contenu d'un message de détresse
Un message MAYDAY doit comporter, autant que possible : le nom de la station appelée, l'identification et le type de l'aéronef, la nature de la détresse, l'intention du commandant de bord, la position (ou dernière position connue), le niveau et le cap, et toute autre information utile — nombre de personnes à bord, autonomie restante.
MAYDAY MAYDAY MAYDAY, Steerton Tower, G-FHJM, PA28, Engine on fire, Making forced landing 10 miles South of Steerton, Passing 3000ft, heading 360, PPL, 2 POB.
Un message PAN PAN suit la même structure, adaptée à la nature moins immédiate de la situation — un passager souffrant, par exemple, ou une incertitude de position sans qualification aux instruments.
PAN PAN, PAN PAN, PAN PAN, Steerton Tower, G-ABCD, Cessna 172, Passenger with suspected heart attack, Request priority landing, Present position 5 miles North of Steerton, 1500 feet, QNH 1006, Heading 180, 3 POB.
Si la situation se résout — panne moteur redémarrée, terrain retrouvé en vue —, le pilote doit annuler sa détresse par un message explicite (« Cancel distress »), et l'organisme au sol termine formellement le trafic de détresse en s'adressant à toutes les stations. Ce n'est qu'à ce moment que le silence radio imposé, s'il l'a été, est levé.
En croisière à 2500 ft, vous constatez une fumée légère provenant du tableau de bord, sans flamme visible. La situation reste maîtrisée mais préoccupante. Rédigez votre appel initial.
Une fumée sans perte de contrôle immédiate relève de l'urgence (PAN PAN), pas de la détresse (MAYDAY), qui suppose un danger grave et/ou imminent.
Le message inclut la station, l'indicatif, le type, la nature du problème, l'intention, la position, le niveau, le cap et le nombre de personnes à bord.
« PAN PAN, PAN PAN, PAN PAN, Steerton Tower, G-XYZA, PA28, Smoke in cockpit, Diverting to nearest suitable airfield, Present position overhead Combe, 2500 feet, Heading 270, 1 POB. »
Vérifiez vos connaissances
Cliquez sur une réponse pour voir si elle est correcte.
Que doit squawker un pilote VFR en panne radio, s'il est équipé d'un transpondeur ?
Le code 7600 signale spécifiquement une panne de communication radio.
Comment un compte rendu de position doit-il être transmis en cas de panne du récepteur ?
Chaque message est transmis deux fois, précédé de la mention appropriée, en cas de panne du récepteur.
Quelle est la différence essentielle entre une situation de détresse et une situation d'urgence ?
La détresse suppose un danger grave et/ou imminent exigeant une assistance immédiate ; l'urgence concerne la sécurité du vol sans requérir cette immédiateté.
Que doit faire un pilote qui capte un message MAYDAY resté sans réponse ?
Un pilote captant un message de détresse sans accusé de réception doit en accuser réception, puis le retransmettre à la station au sol concernée.