Les performances au décollage
Distance de roulement, distance de décollage jusqu'à franchissement d'obstacle, et facteurs d'influence.
La masse et le centre de gravité vérifiés, une deuxième question se pose avant chaque décollage : la piste disponible est-elle assez longue ? Le manuel de vol répond à cette question, mais encore faut-il savoir de quelle distance il parle, et quels facteurs peuvent l'allonger de façon significative par rapport à une journée standard.
Deux distances, pas une seule
Le manuel de vol distingue toujours deux distances liées au décollage :
| Distance | Définition |
|---|---|
| Distance de roulement | Du début du roulement jusqu'au moment où les roues quittent le sol (décollage) |
| Distance de décollage | Du début du roulement jusqu'au franchissement d'un obstacle fictif de 15 m (50 ft) à la verticale de la trajectoire |
C'est cette seconde distance, plus longue et plus réaliste, qui doit être comparée à la longueur de piste réellement disponible — en y ajoutant la marge de sécurité que le manuel de vol ou la réglementation impose.
Les facteurs qui allongent la distance de décollage
Un même avion, sur la même piste, peut avoir besoin d'une distance de décollage très différente d'un jour à l'autre. Cinq facteurs dominent :
La masse
Plus l'avion est chargé, plus il doit atteindre une vitesse de décollage élevée, et plus son accélération est faible à poussée égale. Ces deux effets se cumulent : la distance de décollage augmente plus vite que la masse elle-même. Une surcharge, même modeste, peut avoir un effet disproportionné sur la distance nécessaire.
L'altitude-densité
Par temps chaud ou en altitude, l'air est moins dense. Le moteur produit moins de puissance, l'hélice moins de traction, et l'aile moins de portance à une vitesse indiquée donnée. L'avion doit alors accélérer à une vitesse réelle (par rapport au sol) plus élevée pour obtenir la même vitesse air nécessaire au décollage — la distance augmente sensiblement. Ce sujet, central pour la préparation du vol par temps chaud, fait l'objet d'un module dédié.
Le vent
Un vent de face réduit la distance de décollage, car l'avion atteint sa vitesse air de décollage avec une vitesse sol plus faible. Un vent arrière produit l'effet inverse, et de façon nettement plus pénalisante : décoller avec un vent arrière de seulement quelques nœuds peut allonger la distance de décollage bien plus qu'un vent de face équivalent ne la raccourcit. C'est pourquoi, sauf contrainte particulière, on décolle toujours face au vent.
La pente et l'état de la piste
Une piste en pente montante allonge la distance de décollage, car une partie de la poussée doit désormais vaincre la composante du poids qui s'oppose à l'accélération. Une piste en herbe longue, molle ou détrempée augmente également la distance, du fait d'une résistance au roulement plus importante qu'une piste en dur.
Ces facteurs se cumulent. Une masse élevée, une température chaude et un vent arrière, réunis le même jour, peuvent multiplier la distance de décollage par un facteur bien supérieur à ce que chaque facteur produirait isolément. C'est précisément dans ces conditions combinées que des accidents de dépassement de piste au décollage se produisent.
Les volets
Sortir les volets au décollage augmente la portance à une vitesse donnée, ce qui permet de décoller à une vitesse air plus faible et réduit la distance de roulement. Mais les volets augmentent aussi la traînée, ce qui peut ralentir la montée initiale. Le manuel de vol indique le braquage de volets optimal pour le décollage — il ne s'agit pas toujours du braquage maximal.
Cinq facteurs à vérifier avant chaque décollage : masse, altitude-densité, vent, pente et état de piste, et braquage des volets. Le manuel de vol fournit des graphiques ou des tableaux pour corriger la distance de décollage de base en fonction de chacun d'eux — la lecture de ces graphiques fait l'objet d'un module à part entière.
PlaneCalc intègre les corrections de masse, de vent et d'altitude-densité pour estimer la distance de décollage du jour à partir des données du manuel de vol — un bon moyen de visualiser rapidement l'effet cumulé de plusieurs facteurs défavorables réunis.
Le même avion, à la même masse, doit décoller du même terrain dans deux configurations. Décollage A : température 15 °C, vent nul. Décollage B : température 35 °C, vent arrière de 10 kt. Lequel des deux décollages nécessite la plus grande distance ?
Comparer la température : 35 °C au lieu de 15 °C réduit la densité de l'air, donc la puissance moteur et la portance disponibles — la distance B augmente déjà pour cette seule raison.
Comparer le vent : A décolle sans vent, B décolle avec un vent arrière de 10 kt, qui allonge fortement la distance nécessaire pour atteindre la vitesse air de décollage.
Les deux facteurs défavorables du décollage B s'additionnent, alors que le décollage A n'en subit aucun.
Le décollage B nécessite une distance nettement plus longue que le décollage A. Un pilote prudent chercherait si possible à décoller dans l'autre sens de piste, face au vent, plutôt que d'accepter ce vent arrière par forte chaleur.
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Que représente la « distance de décollage » publiée dans le manuel de vol, par opposition à la distance de roulement ?
La distance de décollage se prolonge au-delà du décollage des roues, jusqu'au franchissement d'un obstacle fictif de 15 m à la verticale de la trajectoire.
Entre un vent de face et un vent arrière de même force, lequel a l'effet le plus marqué sur la distance de décollage ?
Un vent arrière pénalise davantage la distance de décollage qu'un vent de face de même force ne l'améliore — c'est pourquoi on décolle toujours face au vent, sauf contrainte particulière.
Quel est l'effet d'une altitude-densité élevée (température chaude ou altitude du terrain élevée) sur la distance de décollage ?
Un air moins dense réduit la puissance moteur, la traction de l'hélice et la portance disponible : la distance de décollage augmente sensiblement.
Pourquoi une combinaison de masse élevée, de température chaude et de vent arrière est-elle particulièrement dangereuse au décollage ?
Les facteurs défavorables ne s'additionnent pas simplement : réunis, ils peuvent multiplier la distance de décollage nécessaire bien au-delà de ce que chacun produirait seul.