Arriver sur un terrain et trouver la pompe à sec : c’est un scénario qui devient moins théorique. Entre un prix qui dépasse désormais les 3 € le litre et des avitaillements fermés ou réservés aux avions basés, préparer une navigation demande aujourd’hui un peu plus que de regarder la météo. Voici l’état des lieux et la méthode que nous recommandons pour l’automne 2026.
L’état des lieux : prix, terrains à sec, carburant réservé aux avions basés
Selon aeroVFR (7 octobre), l’Avgas 100LL devient plus cher et plus difficile à trouver dans l’Ouest de la France : plus de 3 € le litre, avec un tarif qui peut changer d’un jour à l’autre. Plusieurs terrains n’en proposent plus pendant des semaines, ou le réservent aux avions basés, parmi lesquels Les Sables-d’Olonne, Châtellerault, La Roche-sur-Yon et Cholet.
La tendance n’est pas qu’européenne. Aux États-Unis, AVweb relève un troisième mois de hausse et demande à ses lecteurs si cela change leur façon de voler. Et un rapport du NTSB publié le 9 octobre, sur un accident de Piper PA-24, rappelle ce que peut coûter une mauvaise planification du carburant.
Pourquoi les NOTAM ne suffisent plus
Un NOTAM peut signaler la fermeture d’un avitaillement, mais il n’est ni systématique ni toujours à jour sur ce point : une pompe vide, ou un exploitant qui réserve son carburant à ses propres avions, n’y apparaît pas forcément. Les NOTAM restent indispensables pour tout le reste (pistes, espaces, balisage), mais pour le carburant, un seul réflexe protège vraiment : appeler le terrain, la veille ou le matin même, surtout avant un week-end. Notez le nom de la personne et l’heure de l’appel.
Notre méthode : carburant emporté, déroutements choisis selon la disponibilité
Prenons une navigation au départ de Pontoise (LFPT) vers l’Ouest. Le plan classique prévoyait un plein à destination ou à l’escale. La méthode actuelle inverse la logique :
- Emporter le carburant du retour. On ne compte plus sur un avitaillement à l’arrivée : on part avec de quoi revenir, ou rejoindre un terrain dont on a confirmé le carburant.
- Choisir ses déroutements selon l’Avgas. Un dégagement sans carburant ne dépanne qu’à moitié. Confirmez par téléphone qu’il y en a, au moins pour un avion de passage.
- Vérifier la charge. Plus de carburant à bord veut dire moins de charge utile : refaites votre masse et centrage avec la quantité réellement emportée. PlaneCalc le fait en quelques secondes.
- Se garder une porte de sortie. Si l’appel au terrain révèle un problème, changer de destination à la préparation ne coûte rien. Le faire en vol coûte du carburant et du stress.
Pour la partie aviation et NOTAM de la préparation, l’application NOTAM classe ceux de vos aérodromes par priorité.
Les réserves : ce que dit la réglementation, ce que l’ATPL apprend à calculer
Pour un vol VFR en avion, la réglementation européenne exige d’emporter, au minimum, le carburant nécessaire pour atteindre la destination, auquel s’ajoute une réserve finale (30 minutes de jour, 45 minutes de nuit pour les vols VFR). Le programme ATPL, dans la matière « Préparation et suivi du vol » (033), détaille la décomposition complète : roulage, étape, marge, dégagement, réserve finale. Le principe pratique est simple : ne considérez jamais la réserve finale comme du carburant de route. Elle est là pour ce qui n’était pas prévu.
Et demain ? L’UL91, le budget du club et les heures de vol des élèves
Face à un Avgas rare et cher, l’UL91, une essence sans plomb, est souvent citée comme alternative. Mais seuls certains avions et moteurs l’acceptent : cela dépend de leurs approbations, indiquées dans la documentation de l’avion et auprès du constructeur ou de l’atelier. Pour un aéroclub, la question touche le budget, la flotte, et surtout le prix de l’heure de vol pour les élèves. C’est un sujet à ouvrir dès maintenant avec le bureau et le chef pilote, en s’appuyant sur ce que chaque avion de la flotte accepte réellement.
Appeler le terrain de destination et celui de dégagement · emporter le carburant du retour · refaire la masse et centrage · décomposer le calcul (roulage, étape, marge, dégagement, réserve finale) · noter qui a confirmé la disponibilité et à quelle heure.
Cet article reprend des informations publiées par aeroVFR, AVweb et General Aviation News entre le 7 et le 9 octobre 2026 et résume des principes de préparation de vol. Il ne remplace ni les textes réglementaires (Part-NCO, SERA), ni le manuel de vol de votre avion, ni votre jugement de commandant de bord.
Sources
- aeroVFR, « Tensions sur l’Avgas », 7 octobre 2026
- AVweb, « Poll: Are Fuel Prices Changing How You Fly? », 9 octobre 2026
- General Aviation News, « Poor Fuel Planning Leads To Piper PA-24 Crash », 9 octobre 2026


