Voler au-dessus d’une couche de nuages donne un ciel dégagé, une vue superbe et l’impression que tout est simple. C’est justement ce qui rend le VFR « on top » tentant, et délicat. Une actualité récente ramène le sujet sur la table : voici ce que disent les règles, pour les ULM et pour les avions.
Le cas du Savannah dans les Alpes : ce que dit (et ne dit pas) le BEA
Le 5 octobre, aeroVFR a commenté un rapport du BEA sur un ULM Savannah qui a heurté le relief dans les Alpes par mauvais temps. L’article de la revue rappelle à cette occasion les règles applicables au VFR on top. Un rapport d’accident décrit des faits et des facteurs ; ce billet ne cherche pas à en tirer plus que ce qu’il établit, et ne remplace pas la lecture du rapport lui-même.
ULM : une interdiction claire depuis le 1er octobre
Pour les ULM, la règle est nette : selon aeroVFR, le VFR on top est désormais interdit par l’arrêté « OPS-ULM », pleinement applicable depuis le 1er octobre 2026. Pour un pilote ULM, il n’y a donc pas de zone grise à gérer : si la couche est complète, on ne monte pas au-dessus.
Avion : les conditions du VFR on top
Pour les avions certifiés, le vol au-dessus des nuages reste possible, mais sous conditions strictes. On retrouve dans la réglementation quatre familles d’exigences, à vérifier dans les textes en vigueur (SERA, Part-NCO et les règles nationales) :
- Des moyens de navigation redondants : sans repère au sol, il faut pouvoir se positionner et rejoindre un terrain avec deux moyens indépendants, conformes à la réglementation.
- Des marges météo : l’épaisseur et la nébulosité de la couche, et la présence de trous ou d’une couche qui peut se refermer, comptent plus que la météo au point de départ.
- La séparation avec les nuages : les distances minimales aux nuages et la hauteur de vol restent imposées.
- Une solution de retour : un terrain accessible où la base des nuages permet de rejoindre le sol, avec le carburant pour y arriver.
Sur la navigation, un point surprend souvent : une tablette ou un smartphone, aussi précis soit-il, n’est en général pas considéré comme un équipement de navigation conforme au sens de la réglementation. C’est un excellent complément, pas un équipement de substitution.
La descente dans un trou de nuages : une manœuvre d’urgence, pas une procédure
Quand la couche se referme, la « solution » qui vient à l’esprit est de descendre dans un trou. C’est une manœuvre d’urgence, jamais un plan : on perd les repères visuels, on ne connaît ni la base ni le relief, et la marge d’erreur est faible. Le vrai plan se prend plus tôt, avant de monter : à quelle condition on renonce, et où l’on reviendra.
Pour aller plus loin
En théorie PPL, ces règles sont parfois seulement effleurées. Le programme ATPL les reprend plus en détail, dans les matières réglementation (010), météorologie (050) et instruments (022). Pour réviser la météo, le volume Météorologie de la collection Academy, et son pendant ATPL matière 050, décrivent la formation des couches nuageuses et leur évolution.
Enfin, l’Aéro-club Airbus Toulouse et l’ENAC ont annoncé le 10 octobre leur 20e séminaire sécurité des vols, prévu le 14 novembre 2026 à Toulouse. C’est une occasion de se former sur ces sujets avec des professionnels.
ULM : VFR on top interdit depuis le 1er octobre 2026 · Avion : possible seulement avec navigation redondante, marges météo et séparation avec les nuages · Une descente dans un trou de nuages est une manœuvre d’urgence, jamais une procédure.
Cet article résume des informations publiées par aeroVFR les 5 et 10 octobre 2026. Les conditions exactes du vol VFR au-dessus des nuages dépendent des textes en vigueur (SERA, Part-NCO, arrêtés nationaux) et de votre avion : vérifiez-les auprès de votre instructeur ou de la DGAC avant d’en faire une pratique.
Sources
- aeroVFR, « Du VFR on top… », 5 octobre 2026
- aeroVFR, « Séminaire Sécurité des vols à Toulouse », 10 octobre 2026


