Bientôt la fin de la visite médicale classe 2 ? Ce que propose l’IAOPA

IAOPA Europe et Europe Air Sports défendent une « déclaration médicale de pilote » : une auto-déclaration, valable 5 ans avant 60 ans, qui remplacerait le certificat médical pour les vols privés sur avions de moins de 2 730 kg. Rien n’est adopté : ce que dit le texte, et à qui il profiterait.

Illustration : un tracé de rythme cardiaque qui mène à un bouclier validé, sous un avion léger en montée
Une proposition européenne, pas encore une règle.

IAOPA Europe et Europe Air Sports ont rédigé une position commune qui défend une « déclaration médicale de pilote » : une auto-déclaration, fondée sur les critères du permis de conduire européen (groupe 1), qui remplacerait le certificat médical pour une partie des vols privés. Attention au titre : rien n’est adopté. C’est une proposition qui s’appuie sur les modèles britannique et américain et sur la piste « Declared by Default » de l’EASA. Elle mérite pourtant qu’on la regarde de près, parce qu’elle touche à un coût, à un stress et à une question de sécurité que tous les pilotes privés connaissent.

Ce que propose le texte

D’après le compte rendu publié par aeroVFR (22 octobre 2026), qui traduit une lettre d’information de l’IAOPA, la « déclaration médicale de pilote » (PMD) fonctionnerait ainsi :

Ce n’est pas (encore) une règle

Un système européen de déclaration médicale doit encore être approuvé et mis en place. D’après le même compte rendu, le groupe de pilotage de l’EASA dédié à l’aviation générale a accepté en avril 2025 la proposition d’Europe Air Sports comme base de travail, dans la logique « Declared by Default » du programme Flightpath 2030+. Une base de travail n’est pas une décision.

Ce qui existe déjà ailleurs

Deux précautions de lecture. Ces chiffres nous parviennent de seconde main : nous n’avons pas retrouvé le texte original de l’IAOPA, ni le rapport de la FAA. Et l’absence de différence mesurée à ce jour ne dit rien d’un système européen qui reste à écrire : tout dépendra de la rigueur de la déclaration et de ce qui l’accompagne.

La visite d’aujourd’hui : classe 2, classe 1, et ce qu’elles apportent quand même

Pour piloter un avion en loisir avec une licence PPL, il faut aujourd’hui un certificat médical de classe 2, délivré par un médecin examinateur agréé (AME), ou de classe LAPL pour la licence correspondante. Sa durée de validité dépend de l’âge : en règle générale 60 mois jusqu’à 40 ans, 24 mois de 40 à 49 ans, puis 12 mois à partir de 50 ans (Part-MED : vérifiez toujours votre propre certificat). La proposition prévoit, elle, 5 ans avant 60 ans puis 2 ans : un rythme plus espacé que celui d’un pilote de plus de 50 ans aujourd’hui, mais sous la forme d’une déclaration personnelle.

La classe 1, elle, est une autre catégorie. Elle est exigée pour la licence de pilote professionnel (CPL) et pour l’ATPL, son examen est plus étendu, sa validité est en général de 12 mois et l’examen initial se passe dans un centre d’expertise de médecine aéronautique agréé. Elle ne fait pas partie de la proposition.

Il y a ce que la visite coûte : un rendez-vous à prendre, un déplacement, des délais, un tarif libre fixé par chaque médecin, et la petite appréhension de ne pas obtenir son certificat à la date prévue. Il y a aussi ce qu’elle apporte, et qu’il serait injuste d’oublier : un médecin qui examine la vue, l’audition, la tension, le cœur, et qui peut détecter un problème que le pilote ne soupçonnait pas. Ce bénéfice-là, une auto-déclaration ne le remplace pas. C’est tout l’enjeu du débat : un contrôle régulier par un tiers contre une responsabilisation du pilote.

À qui cela profiterait, et à qui cela ne changerait rien

Ce que la déclaration ne changera pas : l’auto-évaluation avant chaque vol

Un certificat médical, ou une déclaration, valide une aptitude à un instant donné. Il ne dit rien de votre état le jour du vol. Cette vérification-là reste entièrement personnelle, et elle existe déjà : la méthode IMSAFE se pose en une minute avant de monter dans l’avion.

IMSAFE, avant chaque vol

Illness : suis-je malade ? · Medication : ai-je pris un médicament qui altère la vigilance ? · Stress : suis-je préoccupé ? · Alcohol : alcool dans les 8 dernières heures, ou lendemain de soirée ? · Fatigue : ai-je assez dormi ? · Emotion : suis-je dans un état émotionnel stable ?

L’argument des auteurs de la proposition rejoint d’ailleurs celui de ces questions : les accidents d’aviation légère viennent beaucoup plus souvent d’une décision mal prise (partir malgré la météo, perdre le contrôle de l’avion) que d’un malaise soudain. Un pilote qui se déclare apte mais qui ne se pose jamais la question de son état avant de partir ne gagne rien en sécurité.

Notre avis : souhaitable, à une condition

Un allègement nous paraît souhaitable pour le vol de loisir sur des avions légers, parce que le coût et les démarches éloignent de l’aviation des pilotes qui ont tout à y gagner, et parce que les modèles britannique et américain montrent que la voie existe. À une condition : que la responsabilisation du pilote soit réelle, et non une case à cocher.

En attendant une éventuelle décision, rien ne change : votre certificat médical reste obligatoire, avec les mêmes échéances. Vérifiez la date de fin de validité du vôtre : les validités à surveiller d’un pilote privé sont un bon pense-bête, et AElog les suit pour vous.

Cet article résume une proposition, pas une règle. Il s’appuie sur un compte rendu d’aeroVFR (22 octobre 2026) de la position de l’IAOPA Europe et d’Europe Air Sports ; nous n’avons pas retrouvé le texte original. Les éléments de réglementation actuelle (classes, durées de validité) sont cités à titre indicatif : seuls la réglementation en vigueur (Part-MED) et votre médecin examinateur font foi.

Sources

  • Visite médicale
  • Classe 2
  • IAOPA
  • EASA
  • BasicMed