3,00 € ou 3,38 € le litre : pourquoi l’avgas ne coûte pas le même prix d’un terrain à l’autre

Le même jour, le 100LL coûtait 3,00 € à Romans-Saint-Paul et 3,38 € à Annecy. Un écart de 9,50 à 14,45 € par heure de vol, selon le moteur, qui tient au mode de gestion du terrain. Gestionnaires, délégations de service public, et nos réflexes pour construire ses heures sans se ruiner.

Une pompe AVGAS 100LL sur l’aire en dur d’un petit aérodrome, entre la pelouse et la tour de contrôle
Photo : El Grafo, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.

Le même jour, à la fin octobre, aeroVFR a relevé le prix du 100LL à Romans-Saint-Paul et à Annecy-Meythet : 3,00 € le litre d’un côté, 3,38 € de l’autre. Trente-huit centimes d’écart, soit plusieurs euros à chaque heure de vol. L’explication n’est pas dans le cours du pétrole, mais dans la façon dont le terrain est géré. Pour un pilote qui construit ses heures, ou qui partage les frais d’un avion, c’est un vrai sujet de budget.

Le constat : deux terrains, un même jour

D’après aeroVFR (31 octobre 2026), les deux prix sont TTC et relevés sur le même jour :

L’article note aussi que le minimum d’avitaillement est de 10 litres à Romans contre 20 litres à Annecy.

Qui gère nos aérodromes ? Ce qu’est une DSP

Un aérodrome peut être géré par une association, par une collectivité ou par un opérateur privé. Dans ce dernier cas, le mécanisme le plus courant est la délégation de service public (DSP) : d’après aeroVFR, un contrat par lequel une collectivité confie la gestion et l’exploitation d’un terrain à un opérateur pour une durée de 5 à 45 ans. Le délégataire gère les pistes, les terminaux, l’accueil, la sûreté et la maintenance, et assume le « risque d’exploitation » : sa rémunération dépend des recettes du terrain, avec parfois des subventions.

Selon l’auteur, c’est ce qui change la logique du carburant. Sur certains terrains, le pétrolier reste le fournisseur du 100LL, mais la distribution est reprise par le gestionnaire, qui applique sa marge et peut n’accepter que la carte bancaire à la place de la carte du pétrolier. L’article dénonce une stratégie qui combine hausse des loyers, des redevances et du prix du carburant, et parfois l’éviction d’usagers jugés peu rentables. Précisons que l’article décrit ce mécanisme en général : il ne dit pas que Romans ou Annecy relèvent d’une DSP, ni quelle marge est appliquée sur chacun des deux terrains.

Le calcul qui fait mal

aeroVFR chiffre l’écart de 0,38 €/L par heure de vol selon la motorisation :

Moteur (Lycoming)Écart par heure de volSur 50 heures*Sur 100 heures*
100 ch9,50 €475 €950 €
160 ch13,30 €665 €1 330 €
180 ch14,45 €722,50 €1 445 €

* Calcul de notre rédaction, en multipliant l’écart horaire d’aeroVFR par le nombre d’heures, en supposant que tout le carburant soit pris au terrain le plus cher.

Pour un élève qui accumule des heures avant un CPL, ou pour un copropriétaire, ces écarts pèsent. Ils s’ajoutent aux redevances d’atterrissage et aux tarifs horaires des clubs, qui dépendent eux aussi du terrain.

Nos réflexes pour mieux maîtriser le budget carburant

Et demain ?

Le débat dépasse le prix à la pompe : c’est le modèle économique des plateformes qui est en jeu. L’auteur d’aeroVFR voit dans les DSP à répétition un risque pour l’accès des petits aéronefs à certains terrains. Le prix du carburant n’est qu’un des leviers, avec les redevances et les loyers. Pour les pilotes, la meilleure façon de garder des terrains accessibles reste de les fréquenter, de rejoindre les associations d’usagers et de signaler les évolutions de tarifs à son club.

Cet article reprend les informations publiées par aeroVFR le 31 octobre 2026. Les prix sont ceux relevés ce jour-là et peuvent avoir changé : renseignez-vous auprès du terrain avant de partir.

Source

Photo : une pompe AVGAS 100LL sur le terrain de St. Michaelisdonn (Allemagne), par El Grafo, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

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